Voici la cinquième entrée de blogue de notre auteure en résidence, Audrée Wilhelmy. Vous pourrez la suivre ici, tout au long de sa résidence.

Peut-être l’aurez-vous remarqué, peut-être que non, mais pour ma résidence, j’ai choisi de mettre de l’avant, dans les événements que j’organise, des collègues femmes. Nous avons rencontré Karoline Georges il y a quelques semaines, et dimanche prochain, nous recevrons les écrivaines Stéphanie Clermont (Le jeu de la musique) et Mikella Nicol (Les filles bleues de l’été et Aphélie), ainsi que leurs éditrices respectives Alexie Morin (Quartanier) et Geneviève Arsenault (Cheval d’Août). Plus tard au printemps, j’espère également accueillir une assistante éditoriale chez Leméac afin qu’elle prenne le temps de vous expliquer en détail la chaîne du livre, et si un homme fait partie du lot de mes invités, c’est qu’il s’agit de mon propre éditeur, et je ne peux pas le remplacer par une femme pour l’occasion.

Que ce soit bien clair : je n’ai strictement rien contre les hommes, mais depuis ma position très privilégiée d’écrivaine occupant une certaine place médiatique, je constate qu’encore aujourd’hui, peu de mes collègues féminines ont accès à des reconnaissances semblables, que ce soit dans les listes de prix littéraire, les critiques et les entrevues consacrées au livre. Je ne dis pas que la problématique est systématique — chapeau, au passage, à la nouvelle équipe de LQ, qui a consacré trois de ses quatre premiers numéros à des femmes, et à la librairie Monet elle-même, qui a créé un Salon des femmes cet hiver. Ce ne sont pas les seules initiatives, et beaucoup de bons coups mériteraient d’être soulignés, mais les biais existent, sans même être volontaires ou conscients. Et pour venir à bout de les enrayer, j’ai envie de faire un choix engagé, celui de faire entendre les voix puissantes et fortes de mes collègues autrices.

Ce mois-ci, c’est également le mois national de la poésie. Pendant les 30 jours d’avril, les gens sont invités à rédiger un poème par jour et à le publier sur les médias sociaux (avec l’hashtag #napomo). N’étant pas poétesse, j’ai préféré présenter les mots des autres, et à quelques exceptions près, j’ai voulu souligner la voix des femmes. Le mois d’avril étant aussi le mois où j’achète l’essentiel des recueils de poésie que je lirai dans l’année, j’ai envie de vous présenter aujourd’hui les poétesses qui rejoindront ma bibliothèque cette année.

Je n’ai pas encore lu toutes ces fabuleuses auteures, dans certains cas, ce sont des habituées de ma bibliothèque, et j’ajoute simplement leur plus récent opus, mais dans la majorité des cas, ce sont de nouvelles voix que j’apprendrai à découvrir dans les prochaines semaines. Je ne saurais trop vous recommander de vous immerger dans leur univers également. Plongez dans les textes des femmes. Et j’ai envie de dire, hommes, tout particulièrement, plongez dans les œuvres publiées par vos consœurs. Elles vous amèneront ailleurs, elles vous enracineront au monde d’une manière neuve.

Et venez les rencontrer, le 22 avril prochain. Vous ne serez pas déçus.